Une équipe de 13 étudiants et 5 jours pour relever un défi : celui de gamifier l’espace public au service du vivre ensemble. Du 14 au 18 janvier, notre équipe composée de graphistes de l’école Brassart, ingénieurs informaticiens de l’ENSICAEN et de communicants de l’IUT Information et Communication de Caen collabore dans l’enceinte du Dôme. L’idée principale, créer du lien, a donné naissance à notre projet, Evad et vous. Retour en perspectives sur cette semaine intensive.

Bruit de clavier, plaintes du manque de café et clics de souris ont rythmé notre semaine. Dans une ambiance conviviale, les treize membres de l’équipe ont travaillé d’arrache-pied pour mener à bien la mission qui nous a été confiée : utiliser le jeu dans le but d’améliorer les relations humaines au sein des villes.

Afin de mieux répondre au défi lancé lors de la Semaine Intensive, nous avons commencé par évaluer les besoins actuels. Un des constats découverts fût celui qu’un grand nombre d’entre nous ne connaissent pas leurs voisins. En effet, 24 % des Français estiment de ne pas les connaître, selon une étude de Fondation France. Le besoin, celui de mieux vivre ensemble, et les carences relationnelles au sein des résidences, des immeubles et des quartiers nous ont amené à nous lancer dans la création d’un jeu d’évasion.

Un Escape Game est un jeu de coopération tendance qui nécessite l’entraide et la cohésion des participants pour parvenir à solutionner une intrigue en résolvant des énigmes le plus rapidement possible. Ce jeu nécessite un nombre de joueurs limité, entre 5 et 10 participants par équipe.

La première tâche fût de définir une identité à notre projet, autrement dit son nom, ainsi que son visuel à l’aide d’une charte graphique imposée. Evad et vous, c’est un nom en référence au principe même du jeu d’évasion qui interpelle.

« Ce jeu de coopération est le meilleur moyen pour rassembler des individus. L’objectif commun favorise l’entraide et le dialogue. » nous livre Inès, une des communicantes de l’équipe. Le but ultime serait de pérenniser les rencontres après la fin du jeu.

Jeu d’évasion ou jeu de piste ?

Une des grandes questions. Nous avons fait le choix de mettre en place un jeu d’évasion au sein de résidences dans les parties communes. « C’est une décision de groupe, nous avons fait le choix de ne pas changer notre nom, que nous avions déjà trouvé. Nous partons du principe que les frontières ne sont pas forcément physiques et peuvent être mentales. » affirme Bastien, ingénieur informatique de l’ENSICAEN. Des pastilles de différentes couleurs permettraient alors d’indiquer les endroits que les joueurs peuvent franchir ou non, librement ou après la découverte d’indices. L’objectif du jeu est donc de s’évader le plus vite possible de l’immeuble, en un temps record après la résolution de l’intrigue.

Une application qui facilite l’expérience du jeu.

Après la vente de notre projet aux bailleurs, ces derniers peuvent ensuite proposer l’organisation de parties dans leurs logements grâce à une application. Le « game master », un des résidents de l’immeuble, peut décider de créer une partie. « Pour cela, il télécharge l’application Evad et vous, crée un identifiant, génère un code aléatoirement à transmettre aux représentants d’équipe. Dans chaque foyer, un seul représentant est désigné, le seul à pouvoir télécharger l’application. »confie Morgan, ingénieur informaticien de l’ENSICAEN. Le « game master », en charge du déroulement du jeu, dispose de tutoriels et d’exemples de scénario pour trouver son inspiration. C’est cette même personne qui se charge de cacher les indices et de définir le temps limite pour jouer. Lors de la partie, l’organisateur peut visualiser l’avancement des équipes et communiquer avec les représentants en cas de blocage.

« Les représentants de groupe ont accès à différentes fonctionnalités sur l’application : ils peuvent rentrer le nom des membres de leur équipe ainsi qu’un emoji caractérisant un de leurs centres d’intérêts. Pendant la partie, ils peuvent scanner des QR codes, entrer les codes trouvés, noter sur un bloc note des énigmes et voir le temps qu’il reste » livre Morgan. Un classement des équipes dans les différents immeubles permettra de rendre compte des performances et d’inciter à l’échange. En effet, le « game master » peut faire le choix d’inclure d’autres résidents s’il manque de monde dans son immeuble pour organiser un jeu d’évasion.

Une semaine fédératrice

« Travailler dans l’urgence avec des personnes que nous ne connaissions pas auparavant a été source d’inspiration. La découverte d’autres corps de métier a été très enrichissante. » déclare Vincent, un des condisciples de Morgan. Les cinq jours passés à penser un projet et à le monter ont développé un réel esprit d’équipe. Les compétences de chacun mises à contribution sont le fruit de notre travail, malgré certaines difficultés techniques qui nous ont empêché d’emmener notre projet jusqu’où nous voulions. Le partage et le vivre ensemble, voici ce que nous retenons de cette semaine intensive.

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Publié par Nolwenn Delamarche sur le site Echosciences

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